Hommage à Iolas

Moderne Art Fair présente pour le lancement de sa première édition, une exposition inédite : « Hommage à Alexandre Iolas », en collaboration avec David Nahmad et Alexandre Skinas.

Iolas, précurseur

Moderne Art Fair met en lumière cette exposition sur le thème de l’art moderne à travers un hommage à Alexandre Iolas, grand marchand grec de la seconde partie du XXe siècle et conseiller des plus grands collectionneurs de l’époque.
Il possédait des galeries aux États-Unis et en Europe. Il a contribué à de nombreuses collections d’art privées et publiques. Il est aussi l’un des premiers soutiens actifs des artistes d’avant-garde du début de l’art contemporain d’aujourd’hui.
Un œil précurseur, et habité par le culte du beau, l’histoire d’Alexandre Iolas ressemble à une tragédie grecque et résonne encore aujourd’hui, à travers les œuvres exposées dans l’ensemble des galeries présentes pour le lancement de la première édition de Moderne Art Fair.

Iolas, passeur du XXe siècle. Dialogue entre David Nahmad et Alexandre Skinas.

Grand marchand d’art international et collectionneur d’art du XXe siècle, David Nahmad, parrain de la foire Moderne Art Fair et membre de son comité artistique, nous offre un témoignage passionnant sur Alexandre Iolas qu’il rencontra à de nombreuses reprises. Il présente à cette occasion, une sélection de tableaux sur le thème de l’exposition, Chirrico, Brauner, Fontana et Max Ernst.
Alexandre Skinas, filleul d’Alexandre Iolas, nous ouvre ses archives familiales pour nous emmener dans l’univers de ce grand marchand d’art. Et nous fait découvrir qui était ce visionnaire, figure excentrique et cosmopolite qui a marqué le milieu artistique du XXe siècle.

Alexandre Iolas né Alexandre Coutsoudis, le 25 mars 1907 à Alexandrie en Égypte. Il grandit dans l’Égypte des années 20 où juifs, arméniens, grecs et coptes coexistent pacifiquement sur les ruines de l’Empire ottoman. Adolescent, Il choisit le nom de « Iolas », en référence au héros de Thèbes qui conduisait le char de son oncle Hercule. Un pari réussi puisque, sa vie durant, ses amis, clients et artistes ne le nommeront plus que par ce nom exceptionnel connu de tous qui cultive à merveille l’ambigüité de ses origines et de sa personnalité.

Un être hors norme, doté d’un pouvoir de séduction exceptionnel et pourvu de talents inédits en matière de communication. Artiste dans l’âme, il eut plusieurs vies avant de devenir galeriste. Les plus nostalgiques qui l’ont connu, diront que des hommes comme Iolas n’existent plus et qu’aucun galeriste contemporain ne supporterait la comparaison. Car si l’avant-guerre a connu Kahnweiler (l’un des premiers soutiens de Picasso, entre autres) et l’après-guerre Alexandre Iolas, leurs émules au XXIe siècle existent pourtant bien dans un style différent.

Artiste dans l’âme, il eut plusieurs vies avant de devenir galeriste. Pianiste, danseur, en 1924, il quitte ses parents pour s’installer à Berlin qu’il doit fuir en 1930 pour Paris, avec la montée du parti Nazi.

Il continue d’étudier la danse classique et intègre la compagnie Theodora Keogh-Roosevelt avec laquelle il fait de nombreuses tournées avant d’entrer dans la compagnie de Jorge Cuevas Bartholin, le Grand Ballet du Marquis de Cuevas. À la suite d’une blessure, en 1944, il abandonne la danse pour se réfugier à New York et fuir une fois de plus le régime Nazi. Il devient directeur de la galerie Hugo et s’associe pour l’occasion avec la Duchesse Maria de Gramont, belle-fille de Victor Hugo.

 
En 1955 , il fonde la galerie Jackson-Iolas avec le danseur Brook Jackson et y expose les surréalistes (Matta, Brauner, Magritte…) qu’il avait accueillis quelques années plus tôt alors que ceux-ci fuyaient l’Europe nazie, avant de s’intéresser aux jeunes plasticiens, ceux du Nouveau Réalisme (Raysse, Tinguely, Saint-Phalle…). C’est là, le commencement de son intense activité en tant que galeriste et collectionneur. Il ouvre par la suite une galerie à Paris pour y présenter Max Ernst avec qui il lie très vite une indéfectible relation d’amitié, une galerie à Milan, Genève et Athènes. Il devient le marchand précurseur Alexandre Iolas dont tout le milieu artistique parle et qui met en scène et soutien les plus grands artistes qui ont marqué le XXe siècle.

Takis (1925-2019)
Magnetic wall “the 4th dimension”
Acrylique, Spirales de métal et aimants sur toile
150×100 cm
1999
Courtesy Alexandre Skinas.
Max Ernst (1891-1976)
« A Iolas, Une leçon de fumer »
Crayon Bleu sur papier _ Technique de frotage
16 cm x 22 cm
1969
Courtesy Alexandre Skinas.

Il a été le premier à exposer les artistes d’avant-garde dont Andy Warhol, René Magritte, Roberto Matta, Ed Ruscha, Jean Tinguely, Joseph Cornell, Yves Klein, Jannis Kounellis, Takis, Victor Brauner, Jules Olitski, et Niki de Saint Phalle.
Alexandre Iolas est alors le conseiller des plus grands collectionneurs, en particulier les Menils. Car il refuse catégoriquement d’être qualifié de marchand d’art, mais assure que si un banquier a le droit de gagner dix millions de dollars, lui a le droit d’en gagner cent millions.
Généreux, accessible et simple, à l’opposé de l’image « snobe » qu’il pouvait donner, Alexandre Iolas a étendu ses activités en Grèce à partir de 1965 à Athènes et à Thessalonique, où il a contribué à fonder le Musée Macédonien d’art contemporain auquel il a fait de nombreux dons.
Cosmopolite, il côtoie le monde entier avec un appétit grandiose. Il est le parfait produit d’un Orient apaisé et d’une Amérique où tout est possible, avec l’élégance, l’allure et la flamboyance d’un prince de la Renaissance toujours en exil.

C’est en Grèce qu’il trouve le calme et l’apaisement à la fin de sa vie. Ce passionné de poésie grecque et germanique, qui dort peu et qui lit beaucoup, reçoit ses amis dans son imposante maison d’Agia Paraskevi, aujourd’hui à l’abandon, un palais de marbre blanc dont l’entrée est gardée par deux lions byzantins.

La fin de vie de Iolas est une tragédie grecque, injustement accusé de malversations et malmené par les médias en Grèce où il avait été adulé, il passe des hôpitaux aux tribunaux, il a dû faire face en Grèce à des procès épuisants. Il a finalement été blanchi des accusations qui se sont révélées sans fondement, mais épuisé de s’être battu pour prouver son honnêteté. Finalement blanchi, il a laissé sa villa Iolas de Agia Paraskev. Ce bâtiment a été pillé et vandalisé de nombreuses fois et jamais réhabilité bien qu’inscrit sur la liste des monuments historiques.
Il meurt du sida à New York le 8 juin 1987.

En ne se fiant qu’à son œil et son instinct, et en se dévouant corps et âme à ses artistes, Alexandre Iolas symbolise l’apogée tout autant que la fin d’un âge d’or perdu auquel admirateurs et suiveurs ne cessent de se référer.

Œuvres sur papier

 

La galerie baudoin lebon et Moderne Art Fair présentent une sélection d’œuvres sur papier : des dessins de Jean Dubuffet, des estampes de Jim Dine et de Sol Lewit, des lithographies de Robert Rauschenberg et Dan Flavin, des sérigraphies de Flanagan.

Selected works by la Bocca della Verità Gallery

La Bocca della Verità Gallery vous invite à entrer dans l’appartement imaginé par Jean-François Declercq. Les visiteurs y découvrent, à travers l’œil avisé du galeriste, une sélection de la nouvelle scène artistique et de design.

Solo Show Vera Molnar

 

Pour cette première édition de Moderne Art Fair, la galerie Véronique Smagghe présente un solo show de Vera Molnar.