Solo Show Vera Molnar

Pour cette première édition de Moderne Art Fair, la galerie Véronique Smagghe présente un solo show de Vera Molnar.

Véra Molnar suit l’enseignement classique de l’Ecole des Beaux-Arts de Budapest et obtient son diplôme de Professeur d’Histoire de l’Art et d’Esthétique en 1947.

Elle quitte alors la Hongrie pour la France en compagnie de son mari François et travaille avec lui à l’élaboration d’œuvres dont ils partagent le plus souvent la signature jusqu’en 1960, date à laquelle François abandonne définitivement toute activité picturale pour se consacrer à la recherche scientifique dans le domaine des arts visuels.

Durant cette période, vont être affirmés les bases de l’engagement plastique de Véra Molnar : une peinture abstraite géométrique, une circonspection radicale vis-à-vis de tous les modèles du passé, une pratique méthodique et rigoureuse et la volonté de ne jamais s’écarter du champ de la stricte visualité. Si elle n’a jamais dérogé à ces principes sévères, Véra Molnar n’a cependant eu de cesse que de renouveler ses modes opératoires dès que semblait se profiler l’ombre de la routine et de l’évidence.

L’inquiétude, le doute et un perpétuel souci de faire table-rase des éléments nécrosés l’ont conduite à renouveler sa grammaire d’artiste ‘’non-alignée’’ qui aime jouer avec malice à faire douter chacun de son constructivisme parfois si peu orthodoxe…

D’abord en quête d’invariants plastiques et de lois compositionnelles, elle va chercher à débusquer les secrets mathématiques qui président aux ‘’belles formes’’ et se livrer, entre 1947 et 1968, à des exercices de rationalisation structurelle dont les séries des Mondrian ou des U-Pictures peuvent être considérées comme emblématiques par leur infinies variations à partir des thèmes des tirets horizontaux et verticaux mondrianesques ou d’une lettre de l’alphabet multipliée, renversée, inclinée, inversée, décalée, etc. Pour mieux contrôler le processus de réalisation de ces séries, l’artiste met au point un système de programmation des actions à effectuer qu’elle nomme la ‘’machine imaginaire’’ dont le fonctionnement est calqué sur le processus combinatoire des premiers appareils cybernétiques utilisés dans les laboratoires de recherche.

Puis vient le moment où l’ordinateur, enfin devenu financièrement accessible, vient côtoyer les pinceaux dans son atelier et, selon l’expression de Gilbert Lascault, jouer le rôle d’un ‘’miroir de la main’’.

Initiatrice de l’art informatique en France, à l’instar de Georg Nees et Frieder Nake en Allemagne, Véra Molnar va mettre à profit la rapidité et la puissance combinatoire de la machine pour programmer des séries d’images dont seront, sinon évacués, du moins minimalisés et neutralisés les attributs liés à l’aura de l’artiste-démiurge. Comme François Morellet, elle va également faire appel au hasard et introduire, avec systématisme, une part de chaos dans les structures formelles bien ordonnées de l’abstraction géométrique (1% de désordre, 1976).

 

Enfin, à l’orée des années 1990, l’artiste va rompre régulièrement avec le radicalisme des années passées pour entamer une phase encore plus tendue d’expérimentations dans laquelle elle génère une sorte de climat propice à l’émergence d’idées plastiques afin de saisir, comme à la dérobée, l’événement visuel qui la satisfait pour le mettre ensuite à la question. L’écriture de sa mère (Lettres de ma mère, 1988), le profil de la montagne Sainte-Victoire (Sainte-Victoire Blues, 1997), un fil de coton serpentiforme (Fil sur photocopieur, 1998), un cheveu gris tombé sur un papier gris, (titre éponyme, 2000) sont autant d’éléments utilisés qui, copiés, collés, déchirés, photocopiés, photographiés, dessinés, peints ou programmés font l’objet de mutations et de permutations jusqu’à ce que l’artiste décide de leur capacité à former une famille sérialisée de formes dont elle organise alors le déploiement, toujours différent, toujours étonnant.

‘’Les éléments de base de mon travail sont des formes géométriques simples : des carrés, des rectangles ainsi que leurs transformés. Déjà aux Beaux-Arts je les utilisais à la grande consternation de mon maître, peintre fauve sage et rangé. Les raisons de mon choix et de ma fidélité sont multiples.

La première est d’ordre émotionnel ; je ressens une attirance irrésistible à l’égard de la pureté cristalline des formes élémentaires et de la transparence des constructions qu’elles peuvent engendrer. Ce monde visuel géométrique a peut-être pour moi le rôle psychologique de faire pièce au flou, à l’incertitude, à l’ignorance dans lequel l’homme est plongé.

La deuxième raison de mon choix est de nature moins affective. Toute activité picturale repose sur l’idée que la juxtaposition sur une surface de formes colorées permet parfois d’obtenir un arrangement particulier qui est autre chose qu’une juxtaposition banale de formes banales. Cette situation visuelle privilégiée, qui rend émouvante une portion de surface, est nommée art. L’utilisation de formes élémentaires et normalisées permet de contrôler pas à pas la genèse de l’image et de tenter de localiser l’instant où le ‘’fait d’art’’ émerge. Pour traquer cet inconnu à l’aide d’une démarche claire, l’ordinateur est un outil tout à fait approprié.

L’emploi de formes géométriques se justifie enfin par une autre raison : leur présence dans le tableau dissuade le spectateur d’y projeter toutes sortes d’interprétations littéraires ou symboliques, de ‘’déposer des notes sous mes vers’’, comme le redoutait Victor Hugo.

Il faut cependant regarder la réalité en face. Aucune donnée scientifique, aucun résultat expérimental n’ont encore prouvé à ce jour que ce qui est régulier soit beau et que ce qui est beau soit de l’art. Il ne faudrait pas s’installer trop rapidement dans la religion de la simplicité, ni se complaire dans une introspection esthétique voluptueuse en fabriquant en toute béatitude du chewing-gum oculaire.

L’art géométrique peut, effectivement aboutir à diverses mystiques, dont l’histoire de l’art connaît beaucoup d’exemples, mais il peut aussi prendre la direction diamétralement opposée : celle des sciences exactes. Le matériau pictural choisi étant aisé à manipuler, il peut inciter à faire de l’expérimentation rigoureuse et transformer ainsi l’artiste illuminé en chercheur en art.

Peu encline à la dévotion mystique et curieuse de nature j’ai relevé le défi et choisi délibérément cette deuxième voie.’’ Véra Molnar

GALERIE VERONIQUE SMAGGHE
+33 (0)1 48 04 75 37 | smaggheveronique@gmail.com
www.galerie-veroniquesmagghe.fr

Solo Show Judith Wolfe

 

 
Pour cette première édition de Moderne Art Fair, la galerie Véronique Smagghe présente un solo show de Judith Wolfe.

Selected works by la Bocca della Verità Gallery

 
La Bocca della Verità Gallery vous invite à entrer dans l’appartement imaginé par Jean-François Declercq. Les visiteurs y découvrent, à travers l’œil avisé du galeriste, une sélection de la nouvelle scène artistique et de design.

Œuvres sur papier

 

La galerie baudoin lebon et Moderne Art Fair présentent une sélection d’œuvres sur papier : des dessins de Jean Dubuffet, des estampes de Jim Dine et de Sol Lewit, des lithographies de Robert Rauschenberg et Dan Flavin, des sérigraphies de Flanagan.