Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire au grand pin, vers 1887. Huile sur toile, 66.8 x 92.3 cm. The Courtauld Institute of Art, Londres. © Courtauld.

Cézanne et nous. 

Grand Palais, Paris

Exposition du 23 septembre 2026 au 17 janvier 2027.

Centre Pompidou :

Cézanne et nous.
L’exposition, inédite, offre un dialogue riche et constant entre l’œuvre de Paul Cézanne (1839-1906) et celles des artistes qui, de la fin du 19e siècle à nos jours, ont constamment trouvé dans son œuvre la liberté de réinventer la peinture. Elle dessine ainsi l’histoire d’une postérité sans comparaison, qui se joue à la fois dans un jeu d’influence et de revendication d’un maître commun.
L’artiste est devenu l’un des pères incontestés de l’art moderne occidental, et continue d’être regardé dans l’après-guerre par les acteurs d’un renouveau de l’abstraction en Europe et aux États-Unis, autant par les tenants de l’abstraction lyrique ou optique que par ceux de la peinture « hard edge ».
Environ 180 œuvres y sont présentées : 70 de Cézanne et 75 d’autres artistes.

Liste des artistes présentés dans l’exposition : Paul Cézanne / Etel Adnan, Émile Bernard, Martin Barré, Georg Baselitz, Max Beckmann, Erwin Blumenfeld, Umberto Boccioni, Pierre Bonnard, Georges Braque, (………), Maria Helena Vieira da Silva, Maurice de Vlaminck, Herman de Vries, Vincent van Gogh, Tom Wesselmann, Robert Wilson, Zao WouKi.

Claude Lemand :

La Montagne d’Etel Adnan.

La Montagne est emblématique des peintures les plus inspirées de son abondante production des vingt dernières années, avec ses couleurs éclatantes et contrastées, entre le bleu de la Méditerranée et le soleil rouge du Liban. Bien que de petit format, sa composition est vaste, planétaire. Cette montagne inlassablement chantée, peinte et dessinée par Etel, c’est le Mont Tamalpaïs qu’elle voyait en ouvrant la fenêtre, ornée de pots de fleurs sur le rebord, de sa maison à Sausalito près de San Francisco : c’était son paysage de paradis perdu, rêvé ou espéré. Durant son exil californien, elle avait adopté ce symbole universel qui la consolait et la rassurait en l’absence du Mont Sannine, souvenir de son enfance et de son adolescence au Liban, qu’elle apercevait de partout et en toutes saisons. Dans son essai Voyage au Mont Tamalpaïs (1985), Etel écrit : « Le Mont Tamalpaïs est devenu ma maison. Pour Cézanne, la Sainte Victoire n’était plus une montagne, mais un absolu, une peinture. » Elle ajoute : « J’ai besoin de circuler autour de la montagne parce que je suis eau. La montagne doit rester et je dois m’en aller. Debout sur le Mont Tamalpaïs, je participe des rythmes du monde. Tout semble juste. Je suis en harmonie avec les étoiles. Pour le meilleur comme pour le pire, je sais, je sais. » Etel était devenue panthéiste avec le temps, comme le poète libano-américain Khalil Gibran des Processions ou du Prophète. La Montagne est l’autoportrait de cette femme lumineuse, solidement arrimée à la Terre et la tête tournée vers l’Univers lointain et si proche.

J’ai connu Etel Adnan (Liban, 1925 – Paris, 2021) à Paris en mars 1989, dès ma première exposition des peintures de Benanteur, qu’elle et sa compagne l’artiste Simone Fattal connaissaient et appréciaient. Etel Adnan était une grande écrivaine et artiste, une amie de longue date à Paris, une personne merveilleuse. Son militantisme féministe était clair, déterminé, calme et très positif. Une sagesse universaliste inspirait ses écrits et ses entretiens passionnants. Sa créativité littéraire et artistique coulait de source. Consciente de sa valeur, elle restait étonnée et heureuse de son succès tardif. Etel était très fidèle et discrètement généreuse, non seulement avec ses nombreux amies et amis, mais aussi avec les jeunes femmes artistes, écrivaines, traductrices, galeristes et militantes féministes. J’en ai été le témoin au cours des trente dernières années de sa vie.

En juin 2018, Claude et France Lemand avaient fait une donation de 26 de ses oeuvres au musée de l’Institut du monde arabe : 10 leporellos historiques, 4 huiles sur toile (dont La Montagne de 2014 qui est devenue iconique !) et 12 grandes aquarelles et encres de Chine sur papier. A ce jour, cette donation constitue la plus importante collection muséale au monde. Les demandes de prêt nous viennent des plus grands musées d’Europe : après l’IMA à Paris et le Zentrum Paul Klee de Berne, le musée Van Gogh d’Amsterdam, Pompidou-Metz, les musées de Munich puis Düsseldorf, le MAM de Paris, le Grand Palais-Centre Pompidou, etc.

Etel Adnan, La Montagne, 2014. Huile sur toile, 32 x 41 cm. Musée de l’IMA. Donation Claude & France Lemand. © Succession Etel Adnan. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris.

Etel Adnan, La Montagne, 2015. Huile sur toile, 27 x 35 cm. Musée de l’IMA. Donation Claude & France Lemand. © Succession Etel Adnan. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris

Etel Adnan, Voyage au Mont Tamalpais, 2008. Leporello de 54 pages. Aquarelle sur papier, 30 x 567 cm. Musée de l’IMA. Donation Claude & France Lemand. © Succession Etel Adnan. Courtesy Galerie Claude Lemand, Paris